En quoi réside précisément l’injustice d’une loi générale ?

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Le sens commun quand il considère l’injustice d’une loi d’application générale songe à la manière dont elle traite le sujet sur laquelle elle porte. Mais est-ce là que se situe véritablement l’injustice d’une telle loi ?

Très franchement non.

L’injustice d’une loi d’application générale réside dans le fait qu’elle n’est pas appliqué à tous avec la même rigueur, avec les mêmes laxismes ou les mêmes excès.

Certes, une loi générale peut revêtir un caractère profondément inhumain voire abject, mais l’injustice véritable réside dans la possibilité que certains y échappent.

En effet, une loi générale n’est pas de l’ordre du donné, ce n’est pas une trouvaille faite au détour d’un chemin de campagne, c’est le fruit de la délibération de quelques uns chargés de fixer les règles régissant la communauté, et au nom de celle-ci.

Dès lors, si elle s’applique autant aux volontés délibérantes qu’à celles subissantes, autant aux puissants qu’aux faibles ou gens ordinaires, elle ne peut pas être injuste. Ou plus exactement si elle l’est, au sens du respect de la dignité humaine, une telle loi générale ne pourrait survivre dans le temps.

Qui pourrait délibérément en son âme et conscience instituer un principe qui viole ses droits fondamentaux ?

Si cela est possible c’est parce que le légiférant sait pouvoir échapper à la règle d’application générale établie par lui.

Il en résulte que le meilleur moyen de se prémunir contre l’abject éventuel d’une loi consiste à l’appliquer à tous sans exception.

Cette dernière disposition permet de condamner d’avance par darwinisme positif si j’ose dire toutes les lois qui pratiqueraient l’injuste traitement de la personne humaine.

Ainsi le meilleur moyen de se prémunir contre l’abject d’une règle est de l’appliquer à tous.

Remarquez toutefois qu’il est question ici des lois d’application générale et qu’en raison de l’exception qu’elle comporte une loi d’application particulière, à un groupe particulier peut très bien pratiquer l’injuste et perdurer dans le temps sans être revue par darwinisme positif.